Environ 300 personnes ont participé à une marche silencieuse dans cette ville du Missouri, en mémoire de Michael Brown, jeune Noir, non armé, avait été abattu par un policier blanc.

En soirée la situation une cinquantaine de personnes ont pillé un magasin, une vingtaine de coups de feu ont été tirés au cours d'affrontements au cours desquels un homme aurait été grièvement blessé : Tyron Harris,  âgé de 18 ans qui selon son père était très proche de Michael Brown.

Black Lives Matter 4

A l’occasion de ce triste anniversaire le site « Alencontre » à traduit et publier l’éditorial de Socialist Worker :

« Black Lives Matter, An I.

 

Le 9 août 2014, Mike Brown a été abattu par l’agent de police de Ferguson (Etat du Missouri) Darren Wilson. Son corps sans vie a été laissé non couvert pendant quatre heures et demie, grillé dans une rue d’été et pouvant être vu par des jeunes enfants et quiconque passait dans le quartier majoritairement noir. L’assassinat a provoqué une succession de journées et de nuits de protestations impétueuses.

Au cours de l’année qui s’est écoulée, bien des choses ont changé – et rien de suffisant n’a changé.

La rébellion de Ferguson n’a pas empêché que la liste de noms des personnes tuées par la police s’étende: au contraire, il semble qu’elle s’allonge sans cesse: Eric Garner. John Crawford. Akai Gurley. Tamir Rice. Tony Robins. Freddie Gray. Sandra Bland [âgée de 28 ans, arrêtée le 10 juillet pour ne pas avoir mis son clignotant; mise en prison pour avoir refusé d’obtempérer à des ordres abusifs d’un policier; elle est retrouvée pendue dans la cellule le 13 juillet].

Mais Ferguson a fortement permis que l’attention du public soit portée sur ces noms. Et les événements qui s’y sont déroulés ont donné le signal au pays que les Noirs souffrant au XXIe siècle de la violence raciste séculaire de l’Amérique ne seraient plus apaisés par la présence de quelques figures de Noirs à des postes élevés – y compris à la Maison-Blanche.

Il y a une année, les sondages indiquaient que la plupart des Blancs pensaient que le racisme n’était pas un problème aux Etats-Unis. Il y a une année, les dirigeants de Black America bénis par les médias – du président Obama au pasteur Al Sharpton en passant, oui, par Bill Cosby [acteur et réalisateur, actuellement l’objet d’accusations de nombreuses agressions sexuelles sur plusieurs années] – étaient principalement des hommes plus âgés, dont le leadership consistait largement à réprimander les jeunes Noirs pour ne pas tirer avantage de toutes les prétendues possibilités que les générations antérieures avaient obtenues pour eux.

Lorsque les jeunes de Ferguson refusèrent de rentrer chez eux lors des journées et des nuits qui firent suite à l’assassinat de Mike Brown, les autorités étaient si menacées – non par la violence des Noirs, mais par leur résistance – qu’elles lancèrent une occupation militaire de la petite ville. L’illusion selon laquelle les Etats-Unis était une société «post-raciale» – qui avait évolué loin du passé des mauvais jours des rébellions urbaines [en particulier au cours de la seconde moitié des années 1960] – était ébranlée.

Le démantèlement du mythe se poursuivit trois mois plus tard lorsque des procureurs de Saint-Louis et de New York – qui chaque jour jettent en prison des Noirs sans aucune preuve [2] – ne parvinrent même pas à ce qu’un grand jury mette en accusation Wilson ou le policier de New York qui étrangla Eric Garner jusqu’à ce que mort s’ensuive alors qu’une vidéo de ce crime avait été regardée par des millions de personnes autour du monde.

Au cours de ces semaines de fin novembre et de début décembre [2014], l’esprit de Ferguson se répandit à travers le pays. Des protestations de colère bloquèrent les rues, les autoroutes et les ponts dans des villes petites et grandes. Pour un moment, l’establishment politique fut stupéfait par l’émergence du nouveau mouvement, observant silencieusement alors que même des Noirs travaillant au Congrès quittèrent leur travail et crièrent, devant le Capitole, Hands up, don’t shoot! [Mains en l’air, ne tirez pas!].

Le meurtre par balles de deux policiers de New York en [20] décembre par un homme Noir seul – qui n’était pas, malgré ce que les médias laissèrent entendre, lié à un quelconque mouvement politique – offrit à l’establishment une possibilité de reprendre pied et de tenter de couler le mouvement par une vague de chauvinisme inspiré par la «réponse» aux attentats du 11 septembre 2001 sur le thème de «soutenons la police».

Mais tous les rubans bleus du monde [ce soutien devait se manifester par le port de rubans bleus, couleur de l’uniforme des policiers] ne peuvent masquer le fait que la police continue de tuer des gens – au rythme effrayant d’une personne toutes les huit heures à la mi-février – faisant en sorte que ce n’est qu’une question de temps qu’une autre ville n’explose. »

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