porcLa crise qui secoue le monde de l’élevage et plus particulièrement celui de la filière porcine remonte au moins au choix de productions qui ont été faits au lendemain de la seconde guerre mondiale.

Depuis les années cinquante et surtout soixante le modèle dominant de l’élevage, imposé tant par les gouvernements et la FNSEA, que par la Politique agricole commune de l’Europe, est basée sur le principe capitaliste du  « toujours plus, toujours plus grand » ce qui entraîne inexorablement l’endettement et l’industrialisation. Depuis une bonne trentaine d’années ce modèle est dominé par les grands groupes capitalistes des abattoirs, et par la grande distribution qui sont quasiment en position de fixer seuls les prix. Rajoutez à cela la volatilité des prix des marchés des céréales fourragères et des intrants phytosanitaires, on comprendra aisément que la viabilité économique des exploitations, même les plus modernes, soit extrêmement précaire.

Pour répondre la crise de ce modèle deux réponses antagonistes sont possibles mais pas forcément souhaitables toutes les deux : l’une est incarnée par la FNSEA, l’autre par la Confédération paysanne.

Pour la FNSEA  il faut aller encore plus loin la logique productiviste qui a mené à la catastrophe actuelle. Elle réclame, par la voix de son patron  Xavier Beulin ( primé crétin du mois il y a peu mais surtout  grand patron de l’agrobusiness),  trois milliards d’euros d’investissements sur trois ans pour permettre à l’agriculture française de « retrouver de la compétitivité face à ses voisins européens ». Expliquant que  « Il faut engager un vaste plan pour moderniser les bâtiments, automatiser les abattoirs, organiser les regroupements d’exploitations afin qu’elles soient plus productives ».

La Confédération paysanne défend, quant à elle, une agriculture paysanne partout sur le territoire, une alimentation de qualité pour tous remettant en cause compétitivité, productivité, exportations de masse. Ce combat à l’avantage de ne pas isoler le monde agricole de la population car il concerne toute la société. Aussi, afin de populariser ses propositions, elle a organisé des caravanes depuis le 29 août qui doivent converger sur Bruxelles pour les manifestations prévues les 6 et 7 septembre à l’occasion du Conseil des ministres de l’Agriculture de l’Union européenne.

Selon, cette réponse est nettement plus porteuse d’avenir tant pour les exploitants agricoles que pour l’ensemble des travailleurs en France.