Nous sommes le pouvoir

Le site « Al’encontre » publie une assez longue analyse de Jacques Chastaing qui fait d’ailleurs suite à une présente publiée sur le même site en juillet dernier :

 

« La question française II. Un vaste mouvement de grèves mais invisible et sans traduction politique.

 

La question d’un mouvement social invisible a été à nouveau mise à l’ordre du jour par les deux chemises déchirées des dirigeants d’Air France qui en seraient révélatrice, ou pas, selon les uns ou les autres. [Voir l’article précédent sur le mouvement des grèves qui sourdent en France publié sur ce site en date du 27 juillet 2015.]

On ne sera pas surpris que le premier ministre Manuel Valls réponde ainsi à cette interrogation: «La colère, elle peut s’exprimer d’une autre manière, d’un point de vue électoral, elle s’exprime parfois par des attitudes de violence d’un certain nombre de personnes qui se sentent oubliées, humiliées, rejetées. Mais, objectivement, il y a aujourd’hui moins de mouvements sociaux et moins de jours de grève» a déclaré M. Valls (Les Echos.fr 15.10.2015 «Valls dénonce le «refus de dialoguer» de la CGT»).

Bien sûr, ce qu’il dit est faux, d’abord d’un point de vue factuel, puisqu’il s’appuie sur un chiffrage de grèves «aujourd’hui» qui n’existe pas, car il n’y a pas eu de recensement après 2013. Ensuite, c’est faux surtout parce qu’il y a beaucoup de grèves actuellement. Et, enfin, il n’y a pas un seul conflit du type Air France actuellement, mais des dizaines, même s’ils ne sont pas autant médiatisés.

Cependant, en affirmant qu’il n’y a pas de lien entre les chemises déchirées et la conflictualité générale en France qui serait selon lui au plus bas, le premier ministre dit toutefois ce que pensent l’essentiel des commentateurs politiques, de la droite à la gauche, mais aussi beaucoup de militants, syndicaux ou d’une grande partie de la gauche de la gauche ou encore, malheureusement, même de l’extrême gauche, qui d’une certaine manière, ont intériorisé l’idée d’une défaite ouvrière.

En fait, Manuel Valls joue sur le fait que le rapport de force général reste très favorable au patronat pour l’identifier à une faiblesse des luttes alors qu’il ne s’agit que d’une faiblesse relative; malgré leur nombre important, les grèves actuelles ne suffisent pas, à infléchir le rapport de force général. Par rapport à l’ampleur des attaques anti-ouvrières actuelles, le niveau des luttes n’est pas suffisant pour inverser le rapport des forces. Cependant il s’agit là d’abord d’un problème politique avant même d’être une question sociale. C’est le sujet de cet article.

Des luttes nombreuses mais qui, par leur invisibilité et leur imprévisibilité, cherchent leur unification là où on ne l’attend pas

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