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Jérusalem : le Conseil de Sécurité doit donner un coup d'arrêt à la politique israélienne

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A la demande de la Suède, de la France et de l’Égypte, le Conseil de Sécurité de l’ONU se réunit ce lundi sur la situation à Jérusalem. C’est une initiative que nous saluons en elle-même, en espérant que les positions défendues et les décisions prises seront à la hauteur des enjeux.

Il ne faut pas, en effet, se tromper sur la nature du problème. L’Esplanade des Mosquées n’est pas qu’un lieu religieux, c’est le symbole de la Palestine pour tous les Palestiniens, systématiquement dépossédés de leurs droits et de leurs terres par l’État d’Israël. Et les Palestiniens ont eu le temps d’apprendre les procédés utilisés par les Israéliens : comme pour le mur qui leur rend la vie impossible, le prétexte sécuritaire des portiques détecteurs de métaux n’est qu’un moyen de dépossession et de prise de contrôle.

En 1980, Israël a illégalement annexé l’ensemble de Jérusalem, et aucun pays ne reconnaît cette annexion. Mais l’Esplanade des Mosquées est restée sous le contrôle des autorités religieuses jordaniennes. C’est ce fragile statu quo qu’Israël veut mettre en cause, au risque d’un embrasement généralisé. Et au risque de transformer en conflit religieux mondial ce qui est avant tout un conflit dans lequel le peuple palestinien demande l’exercice de ses droits nationaux.

Enfermés dans des conditions inhumaines à Gaza, dépossédés et privés de liberté en Cisjordanie, chassés de leurs maisons à Jérusalem, discriminés en Israël même, et laissés sans espoir dans les camps de réfugiés, les Palestiniens n’en peuvent plus de l’injustice qu’on leur fait subir depuis près de 100 ans. Conscient de sa supériorité militaire, massivement armé par les États-Unis, bénéficiant de la complaisance de l’Europe, l’État d’Israël n’a qu’un objectif : conquérir de nouveaux territoires et expulser toujours plus de Palestiniens.

L’Histoire nous a appris qu’une telle logique, dévastatrice et suicidaire, ne peut conduire qu’à des catastrophes majeures pour le monde entier. A l’inverse, la résolution de la question palestinienne nécessite reconnaissance, justice et partage : Jérusalem, destinée à devenir un jour la capitale partagée des Israéliens et des Palestiniens, avec souveraineté palestinienne sur l’ensemble de Jérusalem Est, doit en être justement le symbole, à l’opposé de la politique menée par le gouvernement israélien.

On l’aura compris : le Conseil de Sécurité ne doit pas se contenter d’un sempiternel appel "à la retenue et au calme" des différents protagonistes, ni admettre des mesures techniques qui ne feraient que conforter le contrôle israélien. Il doit rappeler l’illégalité de l’annexion de Jérusalem Est par Israël, dénoncer sa politique de dépossession et d’enfermement du peuple palestinien notamment à Jérusalem, envisager les sanctions nécessaires pour qu’Israël retrouve la voie du droit.

C’est ce que nous attendons de la position française que nous suivrons avec la plus grande attention.

Le Bureau National de l’AFPS